Comment atteindre le bonheur

Atteindre le bonheur. Voilà un souhait qui vaut son pesant de cacahuètes. C’est d’ailleurs une quête que vous trouverez souvent dans les réponses à la question « quel est ton but de la vie ».

Mais peut-on atteindre le bonheur comme on atteint une destination ?

Le bonheur est-il une fin ?

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Si vous observez précisément les gens heureux, vous verrez qu’ils ne sont pas heureux parce qu’ils ont réussi quelque chose. Vous verrez qu’ils ne sont pas heureux parce qu’ils ont acquis une maison, une voiture, qu’ils ont atteint le job de leur rêve.

Ce n’est pas une finalité qui définit leur bonheur, mais la manière dont ils accomplissent leur parcours.

Atteint-on jamais ses objectifs de bonheur ?

Il faut crever l’abcès : notre vie ne se définit pas par la quête et la découverte d’un trésor, extérieur ou intérieur. Elle se définit par la quête elle-même.

La finalité de notre vie, c’est la mort. Quand nous aurons disparu de la surface de cette terre, nos richesses, nos biens n’auront plus aucune importance pour nous. Il ne resteront que pour permettre à nos héritiers de s’écharper, de se partager avec véhémence ou pas ces biens.

Par contre, la richesse que nous aurons donné au monde, aux gens, cette richesse restera et permettra aux autres de trouver des fondations pour aller plus loin.

La richesse, la possession en soi ne peut être une finalité. Elle ne peut combler le puits infini du désir humain.


Une fois, il était un roi, riche, puissant et vaniteux. Malgré cet énorme défaut, il était apprécié par ses sujets, et son royaume vivait dans l’opulence. Tout allait bien…

Un jour, il rencontra un mendiant aux abords de son palais, tenant dans ses mains un bol. Ce mendiant était en fait son ancien Maître, revenu au royaume pour lui enseigner encore quelques leçons par la pratique. Mais le roi ne le savait pas.

Le roi, voyant le mendiant, lui demanda ce qu’il voulait et ce dont il avait besoin. Ce à quoi le mendiant répondit qu’il désirait simplement que son bol soit rempli, qu’il soit plein. Qu’il y ait assez. Le roi, vaniteux et orgueilleux, lui promit que ce serait réalisé.

Le roi demanda à son serviteur de remplir le bol de richesses. Celui-ci s’exécuta, mais ce qu’il mit ne suffisait pas à remplir le bol. Au fur à mesure qu’il le remplissait, les pièces disparaissaient, comme englouties par un puits sans fond.

Le mendiant asticota le roi en lui rappelant qu’il s’était engagé à remplir le bol, qu’il avait fait une promesse. Piqué au vif dans son orgueil, le roi répondit qu’il était riche, que son royaume était riche, et qu’il remplirait le bol.

L’incident attira de plus en plus de monde. Le roi fit intervenir son chambellan et lui demanda de remplir le bol jusqu’à ce qu’il soit complet, complètement rempli. Le chambellan fit apporter des richesses à son tour.

Mais au fur et à mesure que pièces, joyaux, grains, animaux et autres richesses disparaissaient dans le bol, il fallait bien que le roi se rende compte de l’évidence : il ne pourrait pas remplir son engagement, qu’il respectait pourtant plus que tout. Il ne pourrait pas remplir ce bol, quels que soient ses efforts, quels que soient les richesses de son royaume.

Il demanda au mendiant de lui expliquer ce sortilège. Comment ce bol de mendiant pouvait-il tout engloutir ? Comment n’arrivait-il pas à sa fin ?

« Ce bol de mendiant, monseigneur, est fait du désir de l’homme. Insatiable, il engloutira tout ce que vous pourrez y mettre sans jamais trouver sa fin ».


Le désir de l’homme ne connaît en effet pas de fin. A-t-il acheté une belle voiture qu’il commence à regarder une voiture plus belle encore. A-t-il achevé d’écrire un livre qu’il commence à en écrire un plus grand encore.

Nous nous convainquons que nous serons plus heureux quand nous aurons quitté le foyer familial de nos parents et que nous serons parents, puis quand nous serons mariés, avec des enfants. Puis nous souhaitons que ces enfants deviennent plus grands, qu’ils acquièrent de l’indépendance. Quand ils sont adolescents, souvent nous espérons qu’ils en sortent qu’ils dépassent ce cap. Nous serons certainement heureux quand ils seront à leur tour partis de notre foyer. Nous nous disons que nous serons heureux avec une plus belle voiture, une plus belle maison, une maison de plus. Que nous pourrons profiter de la vie quand nous serons à la retraite.

Et puis on arrive à l’âge de la retraite. Une maladie grave se déclare et on trépasse. On a passé sa vie à attendre que quelque chose de nouveau se produise pour se déclarer heureux, et on n’a jamais atteint ce bonheur.

D’une certaine manière, cette attente et cet espoir d’arriver à un résultat fonctionne. Obtenir un job important, acquérir un objet désiré peut faire monter notre niveau de bonheur. Un moment. Et on repart en recherche de quelque chose de plus grand, de plus brillant.

À chaque fois qu’un grand esprit s’est penché sur la question, celle du bonheur, il est arrivé à la même conclusion : avoir des richesses, des biens, obtenir des choses ne conduit pas au bonheur.

Donc, non, on n’atteindra jamais le bonheur comme si celui-ci était une destination.

Le bonheur est un chemin, pas une destination

Le bonheur n’est pas à la destination, il est dans le parcours que l’on accomplit. C’est pourquoi ce blog passe autant de temps à se consacrer à la manière dont on accomplit les choses, jour après jour, et comment on tire satisfaction des succès quotidiens, même petits.

Le bonheur est comme une plage de sable : chaque grain est important, et ce n’est que quand il y a des milliards de grains de sable que l’on peut parler de plage.

Ce n’est pas une plage s’il n’y a pas les grains de sable. Vous ne pouvez pas créer une plage comme ça d’un seul tenant. C’est l’accumulation des grains de sable qui fait qu’elle existe.

Cela me conduit à faire deux observations :

  • il faut profiter du chemin et regarder au fur et à mesure chaque pas effectué, apprécier chaque jour avec son lot de succès et de gratitude,
  • si l’on veut accomplir une vie heureuse, il faut que le chemin qui mène vers ces objectifs porte en lui les qualités d’un beau parcours.

Si pour atteindre le bonheur, il faut parcourir un beau chemin, il faut que l’on ait choisi dès le début une ou des destinations qui nous permettront d’avoir ce chemin.

Le bonheur se trouve dans l’action, pas dans la possession.

Napoleon Hill

Une réflexion au sujet de « Comment atteindre le bonheur »

  1. Le bonheur pourrait se résumer à ne pas souffrir du malheur. Donc, pas de malheur, pas de bonheur. A partir de là, on accepte le malheur comme composant indispensable au bonheur. Donc on en souffre plus et on devient heureux. Le bonheur n’est qu’une vue de l’esprit. Boire un verre d’eau en France n’est pas bonheur. Le même verre d’eau dans le désert est pur bonheur.
    L’important, c’est pas le bonheur, c’est le moral, qui permet de voir le bonheur en chaque situation.

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