Ce n’est pas votre faute

Laissez moi commencer par une histoire, personnelle…

Quand j’étais petit, dans les années 70, à chaque fois que je passais du temps avec mon père (mes parents avaient divorcé jeunes), je l’écoutais travailler. Il me racontait ce qu’il faisait, je le suivais aux États-Unis pendant qu’il allait négocier des rachats de droits chez de grands éditeurs américains, je suivais ses discussions avec Alain, Françoise, et tous les autres salariés des Éditions Godefroy, à La Ferrière sur Risle.

Il me montrait avec fierté son gros ordinateur qui pouvait stocker des milliers d’adresses et produire des étiquettes pour envoyer des mailings, je faisais des copies de cassettes audio pour qu’il puisse ensuite les vendre.

Et puis un jour il m’a dit :

«  Dans les familles, c’est une mauvaise idée d’hériter des entreprises. La première génération a un créateur, celui qui fonde et développe une entreprise, son fils est un simple gestionnaire, qui garde l’entreprise à peu près au même niveau, la troisième génération est celle des artistes, qui dépensent tout. »

BOOM !

Un message clair : je n’avais aucun espoir d’arriver à sa cheville pour créer une entreprise, quelque chose de tangible et pérenne. Je pourrais tout au plus le faire prospérer, sans rien apporter de nouveau.

Des malédictions comme celle-ci, nous en recevons des centaines, des milliers pendant notre enfance. Sans parler de toutes celles qui consistent à nous limiter pour nous protéger.

Alors moi j’ai très bien vu le danger de ce sort qu’il me jetait. Il a continué à me jeter des sorts comme ça tout au long de ma vie, mais je n’ai jamais accepté ces sorts. Ils ne sont pas moins présents dans mon inconscient…

Ne fais pas ci, ne fais pas ça. Fais attention en traversant la rue. Ne parle pas à des gens dans la rue. Éloigne-toi de la cuisinière. Fais des études de droit ou de médecin : on aura toujours besoin d’avocats et de médecin.

Ce n’est pas votre faute si vous avez peur. On vous a toujours conditionné pour respecter le statu-quo, faire ce qu’on vous a dit de faire. Le système éducatif est aussi responsable, qui ne vous apprend pas à réfléchir et à être autonome mais à répéter encore et encore la même chose, de manière productiviste (un héritage du XIXème siècle et de la révolution industrielle).

En bref, on a renforcé nos habitudes jusqu’à transformer celles-ci en forteresses de croyances, et accepter le changement, percevoir celui-ci, est de plus en plus difficile.

Au cours de notre vie d’adulte, ces croyances sont renforcées, imprimées encore plus profond dans notre cerveau.

Que fait-on alors, si on veut changer de vie, mais qu’on est bloqué par nos croyances ? Il faut d’abord commencer par accepter le changement et le regard que l’on porte sur les événements, nos relations, notre vie.

Ça, cela ne se fait pas avec une baguette magique. Il faut changer nos habitudes, et changer ses habitudes, ce n’est pas facile : ce sont celles-ci qui nous maintiennent dans notre confort, même si celui-ci n’est pas vraiment confortable.

C’est en changeant notre état d’esprit que l’on peut changer notre vie.

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