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Comment identifier ses vraies valeurs (exercice en 3 étapes)

Il y a des soirs où l'on ne sait pas très bien expliquer pourquoi quelque chose cloche. Rien de grave dans l'agenda, rien d'urgent dans la boîte mail, et pourtant une petite fatigue sourde, comme si l'on avançait bien… dans une direction que l'on n'a pas vraiment choisie. À l'inverse, il y a ces journées, parfois modestes, après lesquelles on se couche avec le sentiment d'avoir fait juste. Pas réussi, pas gagné : fait juste.

Ce qui sépare ces deux sensations, très souvent, ce sont vos valeurs : ces quelques principes qui, sans bruit, décident de ce qui vous semble juste ou non, de ce qui vous irrite, de ce qui vous touche, de ce que vous refusez de faire même quand ce serait plus simple. Le problème, c'est que la plupart d'entre nous ne les ont jamais formulées. On les ressent, on les subit parfois, mais on ne les a jamais mises sur une feuille de papier.

Cet article vous propose de le faire. Vous y trouverez ce qu'est une valeur (et ce qui n'en est pas une), un exercice en trois étapes à faire en 45 minutes environ, une liste de valeurs pour vous aider, et une réflexion sur un point délicat : comment distinguer ce qui vous appartient vraiment de ce que vous avez simplement reçu.


Sommaire


Ce qu'est une valeur (et ce qui n'en est pas une)

Une valeur est ce qui compte pour vous dans la manière de vivre, indépendamment du résultat. Honnêteté, liberté, loyauté, curiosité, générosité, calme, courage : ce sont des qualités d'action, des façons d'être et d'agir dont vous avez envie de pouvoir dire « c'est bien moi ».

Pour ne pas la confondre avec d'autres notions, trois distinctions simples.

Une valeur n'est pas un objectif. Un objectif se coche : « courir un semi-marathon », « acheter une maison », « obtenir une promotion ». Une valeur ne se coche jamais : « prendre soin de ma santé » ou « être présent pour mes proches » se vivent chaque jour, sans ligne d'arrivée. Une image utile, souvent reprise en thérapie d'acceptation et d'engagement : la valeur est une direction (aller vers l'ouest), l'objectif est une destination (atteindre tel village). On ne finit jamais d'aller vers l'ouest, mais on sait à chaque carrefour quelle route prendre.

Une valeur n'est pas une règle. « Il faut être toujours disponible » est une règle, souvent héritée. La valeur qu'elle cache peut être la loyauté, l'attention aux autres, ou la peur de décevoir : ce n'est pas du tout la même chose.

Une valeur n'est pas un jugement sur les autres. Dire « je tiens à l'honnêteté » décrit votre manière de vivre. Dire « les gens malhonnêtes sont méprisables » parle déjà de colère. Les valeurs servent à vous orienter vous, pas à classer le monde.

Les chercheurs ont d'ailleurs tenté de cartographier ces grands principes. Le psychologue social Shalom Schwartz, par exemple, a identifié dix grandes familles de valeurs reconnues dans de nombreuses cultures (parmi elles : l'autonomie, la bienveillance, la sécurité, la tradition, l'accomplissement, la stimulation). Ce qui varie d'une personne à l'autre, ce n'est donc pas l'existence des valeurs, c'est l'ordre dans lequel on les place quand on doit choisir.


Pourquoi les nommer change vos décisions

Vous pourriez vous dire : si je les ressens déjà, à quoi bon les écrire ? Parce qu'une valeur non formulée reste floue, et qu'une valeur floue ne sert pas à grand-chose le jour où l'on hésite.

Voici ce qui change, très concrètement, quand vos valeurs sont nommées.

  • Les décisions difficiles se simplifient. Accepter ou non ce poste, ce déménagement, cette invitation : vous n'avez plus à peser un tableau infini d'avantages et d'inconvénients, vous pouvez vous demander « laquelle de ces options me ressemble le plus ? »
  • Vous dites non plus facilement. Dire non sans culpabiliser devient plus simple quand le refus s'appuie sur une conviction (« c'est important pour moi de garder mes soirées ») plutôt que sur une excuse bricolée. Notre article pour oser dire non détaille ce mécanisme.
  • Vous reconnaissez plus vite ce qui vous fatigue. Beaucoup de lassitudes ne viennent pas d'un excès de travail mais d'un décalage : vous dépensez votre énergie à des choses qui ne comptent pas pour vous.
  • Vous dépendez moins du regard des autres. Quand on ne sait pas ce qui compte pour soi, on adopte ce qui compte pour tout le monde. Si ce mécanisme vous parle, lisez aussi comment arrêter de chercher l'approbation des autres.

Une précision : connaître ses valeurs ne rend pas la vie facile, ni les choix évidents. Cela rend simplement les choix plus lisibles, et les regrets, souvent, plus rares.


Étape 1 : partir de votre vie, pas d'une liste

C'est le piège classique : ouvrir une liste de valeurs, cocher celles qui sonnent bien, et se retrouver avec « honnêteté, bienveillance, liberté » comme tout le monde. Ces mots sont beaux, mais on les choisit un peu comme on choisit un mot à mettre sur une carte de vœux. Pour trouver vos valeurs, il vaut mieux partir de vos expériences.

Prenez une feuille, un stylo, et une trentaine de minutes au calme. Répondez par écrit, en quelques lignes chacune, aux quatre questions suivantes. Écrivez vite, sans chercher le beau style.

1. Un moment où vous vous êtes senti(e) pleinement vous-même. Pas forcément un grand moment : une soirée, un geste, une conversation, un après-midi de travail. Que faisiez-vous ? Avec qui ? Qu'est-ce qui rendait cet instant juste ?

2. Un moment où vous avez été très fier(fière) de vous. Là encore, ne cherchez pas la performance : la fierté vient parfois d'un refus, d'une aide apportée, d'une vérité dite avec calme. Qu'avez-vous respecté ?

3. Un moment où vous avez ressenti une colère ou une indignation vive. C'est l'étape la plus révélatrice. Ce qui vous met en colère signale presque toujours une valeur piétinée : injustice, mensonge, mépris, gaspillage, manque de respect, absence de parole tenue. Qu'est-ce qui était violé, au juste ?

4. Une personne que vous admirez (réelle ou non, proche ou lointaine). Qu'admirez-vous chez elle, très précisément ? L'admiration est un miroir : on admire souvent ce que l'on aspire à incarner.

Relisez ensuite vos quatre textes en soulignant les mots qui reviennent, ou les idées qui se ressemblent même quand les mots changent. « Il a tenu sa promesse », « elle m'a dit la vérité », « il n'a pas triché » : trois formulations, une même valeur sous-jacente. Notez-les sur une liste séparée, sans les trier pour l'instant. Vous devriez arriver à quinze ou vingt mots.


Étape 2 : trier, nommer, définir avec vos mots

Maintenant que vous avez une matière issue de votre propre vie, vous pouvez vous aider d'une liste pour compléter ou affiner vos mots. Celle-ci n'a rien d'officiel, c'est un point de départ :

Authenticité Autonomie Bienveillance Calme
Courage Créativité Curiosité Équité
Famille Fidélité Générosité Honnêteté
Humilité Humour Intégrité Justice
Liberté Loyauté Maîtrise de soi Nature
Partage Persévérance Rigueur Respect
Santé Sécurité Simplicité Sobriété
Solidarité Spiritualité Transmission Travail bien fait

Mettez-la en regard de votre liste. Certains mots vous sembleront évidents, d'autres vous laisseront indifférent(e) : c'est exactement l'information que vous cherchez.

Procédez ensuite en trois tris successifs.

  1. Dix mots. Rassemblez vos quinze à vingt mots et gardez-en dix. Si deux mots disent à peu près la même chose, fusionnez-les (« honnêteté » et « vérité », par exemple).
  2. Cinq mots. Pour chaque mot, posez-vous la question : « Si je devais y renoncer demain, qu'est-ce que cela me coûterait ? » Gardez ceux dont l'absence vous ferait vraiment mal. Les autres sont peut-être de belles qualités, mais pas des valeurs centrales.
  3. Trois à cinq mots finaux. Ne cherchez pas à ce qu'ils soient équilibrés. Une personne peut tenir à la liberté et à la loyauté, qui tirent parfois dans des sens opposés : c'est normal, et nous y reviendrons dans un prochain article.

Voici maintenant l'étape qui fait toute la différence : définissez chaque valeur avec vos propres mots, en une ou deux phrases. « Liberté » ne veut pas dire la même chose pour tout le monde. Pour l'un, c'est ne pas avoir de patron ; pour un autre, c'est pouvoir dire ce qu'il pense ; pour un troisième, c'est avoir du temps libre dans la semaine. Une définition personnelle ressemble à ceci :

Liberté : garder la maîtrise de mon temps et pouvoir dire non sans devoir me justifier.

Loyauté : tenir parole, y compris quand cela me coûte, et ne pas parler des absents comme je ne le ferais pas devant eux.

Si vous sentez que la définition sonne creux, c'est un signe : le mot n'est peut-être pas vraiment le vôtre.


Étape 3 : passer le test du concret

Une valeur qui reste sur une feuille ne sert à rien. La dernière étape consiste à la confronter à votre vie réelle, sans autoflagellation : il ne s'agit pas de vous juger, mais de mesurer l'écart.

Pour chacune de vos valeurs finales, répondez à trois questions.

  1. Où est-elle déjà présente dans ma semaine ? Citez un geste, une décision, une habitude récente qui l'incarne. Cela vous rappelle que vous les vivez déjà, au moins en partie.
  2. Où est-elle absente ou mise de côté ? Un domaine de votre vie (travail, couple, famille, argent, santé, loisirs) où vous faites régulièrement le contraire de ce que vous dites chérir.
  3. Quelle toute petite action pourrait la rapprocher cette semaine ? Quinze minutes, pas davantage. Un appel passé, un « non » dit, une soirée sans écran, un rendez-vous que l'on repoussait.

Un exemple. Vous avez retenu la santé et la famille. Vous constatez que les dîners du dimanche se sont transformés en séance de défilement de téléphones, et que votre dernière promenade remonte à trois semaines. Pas besoin de tout bouleverser : une marche de vingt minutes avec un proche, téléphone resté à la maison, honore les deux valeurs d'un coup.

Relisez enfin vos trois à cinq valeurs une fois par semaine, par exemple le dimanche soir. Au bout de quelques semaines, elles deviennent un réflexe de décision : vous commencez à vous demander, avant même de répondre à une demande, « est-ce que cela me ressemble ? »


Valeurs héritées, valeurs choisies : un tri en douceur

Une question vient souvent après l'exercice : « Ces valeurs sont-elles vraiment les miennes, ou celles que j'ai reçues ? »

La réponse est presque toujours : un peu des deux, et c'est très bien ainsi. Nous grandissons dans une famille, une culture, une époque. Nous y recevons, sans qu'on nous demande notre avis, des manières de voir : ce qui est bien, ce qui est honteux, ce qui est digne d'estime, ce qui ne se fait pas. Beaucoup de ces héritages sont précieux. Une grand-mère qui répétait « on ne laisse jamais personne sans un repas » vous a peut-être transmis votre sens de l'hospitalité, et vous n'avez aucune raison de vouloir en changer.

Mais certains héritages sont de petits cailloux dans la chaussure. Nous en avons parlé dans notre article sur le rapport à l'argent : les phrases entendues cent fois dans l'enfance deviennent des croyances, et les croyances deviennent des comportements, sans que nous les ayons jamais choisies. Ce qui est vrai de l'argent l'est tout autant des valeurs : « il faut toujours réussir », « on ne se plaint pas », « la famille avant tout », « on ne dérange pas les autres ».

Le but n'est évidemment pas de rejeter ce que vous avez reçu, ni d'en vouloir à ceux qui vous l'ont transmis : ils faisaient de leur mieux avec ce qu'ils avaient eux-mêmes reçu. Il s'agit simplement de regarder chaque héritage en face et de décider de le garder en connaissance de cause. Voici une manière douce de le faire, pour chacune de vos valeurs finales.

  • D'où me vient-elle ? Je l'ai vue chez mes parents, à l'école, dans mon milieu professionnel, dans un livre, chez un ami ? Ou je l'ai découverte tout seul(e), à travers une expérience ?
  • Si personne ne me regardait, y tiendrais-je encore ? Cette question distingue les valeurs réellement intériorisées de celles qui servent surtout à être approuvé.
  • Est-ce qu'elle me nourrit ou me pèse ? Une valeur vivante donne de l'élan, même quand elle exige des efforts. Une valeur « devoir » donne plutôt de la fatigue, de la culpabilité ou de la tension.
  • Si je devais la reformuler dans mes propres mots, que dirais-je ? Souvent, la valeur transmise est bonne, mais sa version familiale est trop rigide. « Travailler dur » peut devenir « faire du travail dont je suis fier(fière) », ce qui est tout autre chose.

À l'issue de ce petit tri, vos valeurs se répartissent souvent en trois groupes : celles que vous gardez telles quelles (héritées, mais choisies de nouveau), celles que vous reformulez (même racine, version actualisée) et, parfois, celles que vous laissez de côté avec reconnaissance. Cette dernière catégorie peut remuer quelque chose. Si c'est le cas, accordez-vous le temps nécessaire et, si la tension avec vos proches est forte, n'hésitez pas à en parler avec une personne de confiance ou un professionnel.


Les pièges les plus courants

Choisir les valeurs que l'on voudrait avoir. Vous écrivez « minimalisme » parce que cela vous plaît sur le papier, alors que vous adorez collectionner. Revenez à l'étape 1 : vos expériences ne mentent pas.

Confondre valeur et émotion recherchée. « Être heureux » n'est pas une valeur, c'est un état. Demandez-vous plutôt : qu'est-ce qui, dans ma manière de vivre, me rend heureux ? Le plus souvent, vous trouverez une vraie valeur derrière.

S'en servir comme d'une arme. Une fois qu'on a nommé ses valeurs, la tentation est grande de juger ceux qui n'ont pas les mêmes. Souvenez-vous qu'elles décrivent votre boussole, pas celle des autres.

Chercher la liste parfaite. Vos valeurs évoluent avec la vie : un enfant qui naît, une maladie, un deuil, un changement de métier déplacent souvent les priorités. Prévoyez de refaire cet exercice une fois par an, sans craindre que les réponses changent.

Tout vouloir appliquer d'un coup. Mieux vaut un petit geste cohérent par semaine qu'un grand plan abandonné au bout de dix jours. L'approche est la même que pour une routine du matin : commencer petit pour que ça tienne.


Les trois objections qui reviennent toujours

« Je n'ai pas de valeurs, ou je ne les connais pas »

Chacun en a, y compris ceux qui disent n'en avoir aucune. Ce qui manque, ce sont les mots. Ne partez pas d'une liste, partez de votre colère et de votre fierté (étape 1) : elles parlent toujours, même quand la réflexion reste muette.

« Mes valeurs entrent en conflit avec ma situation actuelle »

C'est fréquent, et ce n'est pas une raison pour tout plaquer. Cet exercice sert d'abord à voir l'écart, ce qui est déjà un soulagement : on comprend pourquoi on est fatigué. Ensuite, on cherche la plus petite marge de manœuvre possible (un aménagement, une conversation, un projet à côté) avant d'envisager de grands changements. Nous consacrerons un article entier à l'alignement entre travail et valeurs.

« Cela me semble un peu égoïste de me centrer ainsi sur moi »

Au contraire. Quand vous savez ce qui compte pour vous, vous êtes plus fiable pour les autres : vos refus sont clairs, vos engagements tiennent, vous vous épuisez moins à satisfaire tout le monde. Prendre soin de ce qui vous importe n'est pas de l'égoïsme, nous l'expliquons dans notre article sur prendre soin de soi sans être égoïste.


FAQ

Combien de valeurs faut-il garder ? Entre trois et cinq, rarement davantage. Au-delà, elles ne servent plus à trancher : tout devient « important ». Une valeur qui ne vous aide jamais à choisir n'est probablement pas centrale.

Comment savoir si une valeur est vraiment la mienne ? Deux tests rapides : vous y tenez même quand personne ne vous regarde, et elle vous donne de l'élan plutôt que de la culpabilité quand vous la vivez. Si l'idée de l'abandonner vous soulage, c'est peut-être une règle héritée plutôt qu'une valeur.

Les valeurs peuvent-elles changer avec le temps ? Oui, ou plutôt leur ordre et leur sens évoluent. La loyauté d'un jeune adulte n'a pas le même visage qu'à cinquante ans. Refaire l'exercice une fois par an, ou après un événement important, permet de rester à jour.

Peut-on avoir des valeurs contradictoires ? Bien sûr : la liberté et la sécurité, l'ambition et le calme, la famille et l'accomplissement personnel. Ce n'est pas un défaut, c'est une réalité humaine. Le travail consiste à décider, situation par situation, laquelle passe en premier, et à l'assumer.

Quelle différence entre valeurs et principes ? Dans l'usage courant, on emploie les deux termes presque indifféremment. Si l'on veut distinguer : la valeur est ce à quoi l'on tient (l'honnêteté), le principe est la règle d'action qui en découle (« je ne mens pas à mes clients »).

Et si mes valeurs ne sont pas celles de mon entourage ? C'est une situation courante et parfois inconfortable. Rien ne vous oblige à convaincre quiconque : vous pouvez simplement vivre vos valeurs avec discrétion, et choisir peu à peu de passer du temps avec des personnes qui les respectent.


En résumé

Vos valeurs sont la boussole que vous utilisez déjà, sans le savoir, à chaque carrefour. Les nommer ne les crée pas : cela les rend simplement disponibles le jour où vous en avez besoin.

Les points clés à retenir :

  • Une valeur est une direction, pas un objectif : on ne la coche jamais, on s'en approche chaque jour.
  • Pour les trouver, partez de votre vie (un moment juste, un moment de fierté, une colère, une admiration), pas d'une liste.
  • Triez jusqu'à trois à cinq valeurs, et définissez chacune avec vos propres mots.
  • Testez-les sur du concret : où sont-elles présentes, où sont-elles absentes, quel petit geste cette semaine ?
  • Regardez chaque valeur en face pour savoir si vous l'avez reçue, choisie ou les deux : on peut garder un héritage en connaissance de cause.
  • Refaites l'exercice une fois par an : vos valeurs évoluent, et c'est normal.

Cet article propose une démarche de réflexion personnelle et ne remplace pas un accompagnement psychologique : si vous traversez une période de doute profond ou de mal-être durable, n'hésitez pas à en parler à un professionnel.


Article rédigé par l'équipe du Club Positif — cpositif.com

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