Le regard

Ce sujet a 4 réponses, 4 participants et a été mis à jour par Photo du profil de khalidoo khalidoo, il y a 2 ans et 9 mois.

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  • #238934
    Photo du profil de jacques.hesault
    jacques.hesault
    Modérateur

    Bonjour à toutes et à tous.

    J’ai pris pas mal de temps ces derniers jours pour lire et relire de nombreux fils de discussions.
    Puis j’ai essayé de me placer dans le regard de ceux qui se sont exprimés, ainsi comprendre dans cette écoute sans entrer dans une opposition systématique, mais de voir autrement.
    En fait, dans ce regard, quelle est ma vision des choses et des valeurs et parallèlement quelle est la vision des uns et les autres.

    Pour donner une image de cette différence, je vais m’appuyer sur un aspect bien défini dont je vois par exemple un paysage à quelques centaines de mètres de ma position.
    Certes, je vois un paysage, ainsi de pouvoir donner cet aperçu de ce que je puis observer.
    À présent je vais demander à une personne de se placer dans la même position en laquelle je me situais et de lui demander ce qu’elle peut voir.

    Dans une réalité, peut-elle voir la même chose que moi-même ?

    Certes elle verra les mêmes structures matérielles, cependant d’y découvrir de nombreuses différence dans laquelle vont se jouer les distances et le temps.
    Pourquoi ? Tout simplement que tout est mouvement et qu’entre le moment de mon regard et le moment du regard d’autrui, les ombres par exemple ne seront plus les mêmes le soleil, du moins la terre n’étant plus à la même place par rapport au soleil. Ainsi tel sera l’aspect extérieur à soi.

    Cependant même en prenant soin qu’une personne soit dans le même axe que moi-même pour regarder ce paysage au même moment il sera de découvrir qu’en fait la vision de ce paysage ne sera pas la même.
    Pourquoi ? Parce que bien des paramètres feront que l’un est l’autre n’aura pas la même acuité visuelle.

    Ainsi dans la vie, vouloir toujours ramener à soi une vision des choses et des valeurs sans tenir compte de ce qu’exprime autrui ne peut que limiter le regard sur bien des événements. Le jugement sera porté qu’en fonction de ce que l’on peut voir et comprendre et non pas sur un ensemble de choses et de valeur s’il n’y a eu écoute.

    Qu’en pensez vous ?

    #446683
    Photo du profil de esatcom
    esatcom
    Participant

    [attachment=0:2cctad52]Lunettes 01.gif[/attachment:2cctad52]

    #446684
    Photo du profil de farmaciaric
    farmaciaric
    Participant

    J’en pense que tu disais exactement le contraire il y a quelques semaines… Pourquoi ce changement ?

    #446685
    Photo du profil de khalidoo
    khalidoo
    Participant

    J’en pense que tu disais exactement le contraire il y a quelques semaines… Pourquoi ce changement ?

    En quoi le contraire ?
    Ainsi de quel changement parlerais-tu ?

    #446686
    Photo du profil de khalidoo
    khalidoo
    Participant

    Instant de vie

    Robert vit seul à quelques lieux, chaque jour il chemine le long des routes avec ses moutons et sa chienne Bergère. C’est un homme d’une grande gentillesse avec le cœur sur la main. Si l’homme semble simple, Pierre découvrira en lui tout un savoir, une certaine sagesse.

    Alors que robert passait avec ses moutons, ce jour-là, Pierre le suivi pour la matinée après en avoir eu la permission de Pierrette sa mère. Pierre aimait ainsi partir dans cette aventure, écouter les mille histoires contées par Robert. C’étaient des instants magiques ou se mêlaient le rêve et la réalité, des instants en pleine nature, aux milieux des vertes prairies pendant que les moutons paissaient. Avec Robert, Pierre écoutait aussi la nature, le vent qui soufflaient ou l’oiseau chantant dans l’arbre tout proche, le cricri du grillon là à quelques pas, ou une vache meuglant dans le lointain.

    Les jours passaient et chaque fois que Pierre suivait Robert derrière les moutons sur les chemins de la campagne vallonnée de l’entre deux mer il découvrait tout un monde de couleurs. Un jour, alors qu’ils étaient assis sur le talus, Robert apostropha Pierre
    __Pierre que vois-tu devant toi ?
    __ Je vois la route répondit Pierre
    __Mais aussi ajoute Robert, que vois-tu d’autres ?

    Pierre n’arrêtait son regard qu’au niveau de la route juste au-devant de lui-même sans regarder plus loin, ne comprenant certainement pas ce que Robert désirait lui expliquer, celui-ci poussant un large soupir tendit le bras là tout haut au-devant de lui et regardant Pierre poursuivit
    __Tu ne vois rien d’autre ?
    __Si, oui il y a le pré.
    __Et, insista Robert faisant un geste circulaire de la main,

    L’homme de sa voix tranquille pointant du doigt l’horizon poursuivit d’un long discours.
    __Regarde combien c’est magnifique, regarde tout au loin l’horizon, là juste à la limite entre le ciel et la terre, regarde les couleurs, celle du ciel d’un bleu sans nuage, regarde au plus loin les arbres qui se dressent majestueusement avides de lumière et qui cache le village, regarde au-devant des arbres les rangs de vignes, bientôt ce sera les vendanges, ramène vert toi-même le regard.

    D’une voix chaude Robert dépeignait la nature et tout ce qu’il pouvait voir du point le plus éloigné à la limite de l’horizon en revenant vers le plus proche de lui-même.

    Pierre resta sans mot dire il était comme dans un rêve écoutant Robert lui parler de cette beauté de la nature, de cet instant présent où en fait tout est à découvrir. il admirait Robert il aimait l’accompagner dans ses déplacements tout en gardant les moutons.

    Au détour du chemin une paire de bœufs apparurent tirants d’un pas nonchalant une charrette de foin et dont les roues cerclées de métal crissaient sur le revêtement calcaire. Sur le côté, à peine au-devant des deux bovins, marchait Denis, un voisin de Robert. Arrivant à hauteur, Denis fit un salut de la main poursuivant sa route sans s’arrêter. Robert salua de même tout en regardant s’éloigner lentement la charrette lourdement chargée.

    Toujours assis sur le talus, pierre regarda la prairie et les vaches qui paissent paisiblement, et sur les conseils de Robert porta ses yeux vers le taillis qui sépare les cultures, là un champ de blé qui vient d’être moissonné, et là, celui de maïs, puis encore au-devant dans cette parcelle à peine jauni, les mouton paissaient tranquillement surveillé par Bergère. Tout proche, en bas, le fossé qui sépare le talus de la route est à sec. Il y a longtemps qu’il n’a pas eu de pluie. Près de Pierre, Robert souriait, et dit à Pierre de sa voix toujours aussi paisible
    __Tout ce qui se situe au-devant de tes yeux c’est la vie, c’est la nature, et ce que tu entends c’est le chant de la vie.

    Il est 11 heures, c’est l’heure ou Robert casse la croute. Celui-ci tire vers lui-même sa besace la pose sur ses genoux, en ressort un morceau de pain, en coupe une tranche large comme deux doigts de la main. Pierre le regarde faire toujours sans rien dire. Robert lui sourit en ouvrant un petit bocal de graisse de porc et avec son couteau en ressort une pleine lame de pâte blanche et tartine la tranche qu’il a préalablement frictionné sur le pourtour avec de l’ail. Toujours souriant, Robert Tendit à Pierre ce précieux goûter
    __Mange dit-il

    Pierre n’ose prendre la tartine, cependant Robert insiste
    __Mange tu ne sais pas qui te mangera.

    Pierre ne se fait pas davantage prier, il a faim et se saisi de ce précieux don mordant dedans à pleine dent pendant que Robert se prépare pour lui-même une seconde tartine. Pierre finit par dire
    __c’est bon.

    D’autres journées passèrent ainsi, Robert toujours autant bavard, parlant de la nature et Pierre écoutant cet homme aux nombreuses histoires et aux tartines tantôt accompagnées de graisse de porc tantôt de graton ou de rillettes, cela en faisait chaque fois un véritable festin.

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