Face aux événements de Paris (ou toutes formes de violence partout ailleurs)

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    lesoleil
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    “Suite aux événements de Paris qui témoigne encore une fois des dangers de l’identifications à des systèmes de pensées, j’ai eu envie ce matin de vous partager ce qui me vient en lien avec le cycle infernal de la souffrance et de la violence qui se perpétue par manque de recul causé par notre identification à ce qui souffre ou réagit en nous. Je ressens ce matin de la compassion pour toutes les formes que peut prendre la souffrance humaine, qu’elle prenne la forme de victime ou de bourreau . Je vous aime, je nous aime, notre monde a besoin d’amour plus que jamais.”

    Comment sortir du cycle infernal de la souffrance et de la violence ?
    J’ai pris le temps d’écouter ce qui en moi est en colère face aux récents événements qui défraient la chronique. Je me suis arrêté pour l’écouter et ressentir quel pouvait être la racine de cette colère. Très vite est apparu un sentiment de tristesse et d’impuissance face au cycle infernal de la souffrance et de violence qui continue à se perpétrer dans le monde. Une grande tristesse pour tous ces humains qui, inconsciemment, continuent à entretenir et à participer à ce cycle directement ou indirectement en s’identifiants chacun à leur tour à ce qui souffrent ou à ce qui est en colère en eux. Cette identification peut être personnelle ou collective, en tant qu’humain nous pouvons être identifié à la souffrance qui devient ‘’notre’’ souffrance en tant que personne ou en tant que peuple, en tant qu’ethnie, en tant que groupe, en tant que famille, en tant que génération, en tant que lignée trans-générationelle. En d’autre mot nous peut être en colère ou en souffrance en tant qu’individu ou en tant que Français ou Juif, Arabe, africain, jeune, vieux, victime de la guerre, handicapé, frère, sœur, parents, enfants, ouvrier, femme, homme, petit, grand, gros, maigre, étudiant, breton, catalan, musulman, chrétien etc… La liste des identifications en tant qu’être humain est longue et chaque fois que nous sommes identifiés en tant que personne, cela nous déconnecte de l’évidence que nous sommes avant tout tous des humains. La phrase qui émane de ce qui en moi est triste est quelque chose comme ‘’Quel gâchis !’’ ou comme dans la chanson de Francis Cabrel ‘’Dieu qui s’ait assis sur le rebord du monde et qui pleure de voir ce que les hommes en ont fait’’. Je ressens que derrière la colère, il y a donc de la tristesse et derrière la tristesse une compassion pour la souffrance humaine et la violence qui se perpétue par l’inconscience et le manque de recul. Collé à ‘’NOTRE’’ souffrance et identifié à elle, nous en perdons la conscience de qui nous sommes au-delà de ce qui souffre en nous. Nous en oublions la nature profonde de l’existence, de la vie que nous sommes à la fois individuellement dans nos expressions que collectivement. Identifiés et déshumanisés, nous continuons à pointer du doigt autour de nous la raison de notre souffrance. Déconnectés de la paix que nous sommes déjà, nous voulons la créer ou la maintenir autour de nous, tentant de la protéger de tout ce qui nous fait réagir ou souffrir, en jugeant les autres comme étant responsable de notre non paix, en ne nous rendons pas compte que nous participons ainsi chacun à notre façon à perpétuer le cycle de la souffrance et de la violence.

    Alors comment sortir de la souffrance et de la violence
    En la reconnaissant en nous même, en étant présent à ce qui souffre en nous, à ce qui est en colère en nous face aux événements qui nous font réagir. En ayant de l’empathie pour ce qui souffre en nous maintenant, en l’écoutant, en lui donnant toute sa légitimité.
    Pour cela il est nécessaire de prendre un moment pour s’arrêter ici et maintenant, pour se connecter à la réalité de l’instant présent tel qu’il est à la fois autour de nous et en nous. Nous aimerions bien légitimement que le monde soit en paix ou nous aimerions être en paix nous-même et dans la réalité nous faisons peut-être face à des conflits autour de nous ou à l’intérieur de nous. La souffrance est la différence entre ce qui est et ce que nous voudrions qui soit, ainsi quelque chose en nous souffre de ce décalage et tente de rétablir l’équilibre en éliminant ce qui semble être la cause du conflit ou de la souffrance. Sans recul, la violence et la souffrance qui en découle se perpétue insidieusement au nom de la paix, de la sécurité, de l’ordre ect…

    Il est donc important de prendre ce moment de recul et de réaliser en pleine conscience comment cela se perpétue en nous et au travers de nous. Sans jugement et de façon objective nous pouvons en étant présent reconnaître et sentir ce qui réagit en nous et l’accueillir avec amour et empathie car nous pouvons sentir que ce qui est en colère ou offusqué ou indigné ou agacé en nous est en fait l’expression d’une souffrance, d’une partie de nous qui a été blessée psychologiquement ou physiquement et qui a besoin d’être pleinement reconnue et accueillie dans toute la mesure de sa souffrance et dans toute sa légitimité. Non reconnue, cette souffrance aura tendance à se projeter vers l’extérieur sous forme de violence physique ou verbale à l’encontre de ce qui a été à l’origine de cette souffrance et c’est ainsi que le cycle continue. Pour en sortir, il est nécessaire d’accepter et d’accueillir, non pas ce qui nous a fait souffrir mais plutôt ce qui souffre en nous et de choisir en conscience la compassion plutôt que la réaction.

    Est-ce que cela suppose de se laisser faire sans agir ?
    Cela ne veut pas dire qu’il n’est pas juste de se protéger face à une agression mais de distinguer ce qui se protège en agissant en conscience face à une menace réelle et ce qui réagit en voulant condamner ou éliminer ce qui le menace en utilisant la violence face à la violence. Par exemple, suite aux attentats du 11 septembre 2001 sur lesquels nous avons aujourd’hui plus de recul que sur les récents événements, nous pouvons constater que les ripostes envers les agresseurs n’ont pas contribué à plus de paix ou de sécurité mais ont peut-être même contribués à plus de souffrances et de violences pour tout le monde. Avec le recul, nous pouvons constater qu’il y a plus de morts et de souffrances et de coûts humains reliés à la riposte qu’à l’acte d’agression de départ. Tout ceci ne nous a pas rendu nos morts ou pensé nos blessures mais au contraire a continué à en ajouter. Cela a contribué à creuser les fossés d’incompréhension et les clivages entre les peuples, les civilisations, les traditions et les religions. En d’autres mots cela contribue aux prises de positions et à l’identification des humains à leurs statuts d’agresseurs et de victimes chacun de leur cotés.

    Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde.

    Ce que nous pensons voir autour de nous et ce qui en nous réagis face à cela est le reflet de nos perceptions, de nos interprétations. Nos interprétations sont le reflet de nos propres souffrances, de nos enjeux intérieurs. Ce qui en nous réagit, souffre de voir à l’extérieur ce qui le fait souffrir. Nous aspirons tous à la paix et en même temps nous ne sommes pas en paix avec notre propre souffrance. Avant de pouvoir accueillir la souffrance des autres, nous devons commencer par accueillir la nôtre avant qu’elle ne se transforme en colère et ensuite en violence.

    Choisissons l’amour plutôt que la réaction, la compassion plutôt que le jugement, pour nous, pour eux, pour tous. Choisissons ensemble que cela s’arrête ici et maintenant, que cela ne se perpétuera pas au travers de nous.

    Pascal Hastir

    Je suis en totale résonnance avec le message de Pascal Hastir 💝
    j’adhère totalement et je le partage
    Patricia

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