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Ce sujet a 1 réponse, 3 participants et a été mis à jour par  Anonyme, il y a 5 ans et 2 mois.

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  • #236618

    sol
    Participant
      Une monstrueuse aberration fait croire aux hommes que le langage est né pour faciliter leurs relations mutuelles.
      [Michel Leiris]
    #416135

    Anonyme

    Salut
    c’est vrai.
    avant, l’homme doit communiquer l’un avec l’autre par les gestions
    les fumees, les bruits etc
    et apres ca, le langage est ne et on peut se comprendre facilement
    meme les langues dans le monde sont differentes mais on peut biensur apprendre.
    le langage est commun mais la langue est propre de chaque nation
    Amicalement

    #416136

    Anonyme

    Le marxisme a été longtemps hostile, et à certains égards le reste, à l’idée d’une philosophie séparée où le langage serait traité comme une réalité se suffisant à elle-même. La liaison du langage avec d’autres phénomènes non linguistiques y est plus fortement soulignée qu’ailleurs ; c’est pourquoi les problèmes classiques du marxisme demeurent ceux du rapport de la praxis et de la théorie, de la conscience et de la matière, des sphères de culture et de l’infrastructure économico-sociale. Toutefois, dans le cadre le plus strict de l’orthodoxie marxiste, la fonction du langage est accentuée du seul fait que, pour une conception matérialiste de la pensée, le langage est la réalité immédiate de la pensée et de la conscience et que celle-ci se constitue sur la base de l’objectivation du langage. Cette thèse était déjà celle de Marx dans L’Idéologie allemande (1845-1846) : « Le langage est aussi ancien que la conscience ; le langage est une conscience réelle pratique existant aussi pour d’autres hommes et ce n’est que par là qu’elle existe également pour moi-même ; semblable à la conscience, le langage n’existe, n’apparaît qu’à partir du besoin, de la nécessité présente des relations avec les autres hommes. » Plus nettement encore chez Engels, le matérialisme dialectique implique que la genèse du langage soit solidaire de l’anthropogenèse tout entière axée sur le développement de la pratique. Lénine, dans ses Cahiers sur la dialectique, pose que l’histoire du langage est le milieu privilégié à partir duquel, selon son expression, a dû se former la théorie de la conscience et de la dialectique. Cette thèse classique du marxisme exclut qu’on fasse du langage un objet principal ou unique de la philosophie ; en ce sens au moins, le marxisme est plutôt du même côté que la phénoménologie. Il lui est par contre très opposé par son refus de faire de la signification un objet « idéal », une « essence » habitant la matérialité du signe.

    Toutefois, un intérêt plus nettement spécialisé pour les questions du langage n’a cessé de s’affirmer dans les publications marxistes récentes, en particulier soviétiques. La circonstance que le langage constitue un objet de recherche pour plusieurs sciences (linguistique, psychologie, sémiologie, logique, sociologie, théorie de l’information, cybernétique) requiert une approche distincte du phénomène du langage. L’une des premières tentatives de recherche marxiste sur le langage a été la monographie du psychologue Lev Semenovitch Vygotsky Pensée et discours (1934), dans laquelle la spécificité de la conduite humaine est caractérisée en particulier par la médiation des signes créés par l’homme et la fonction de contrôle exercée par les systèmes de signes à l’égard du reste de la conduite. Le discours se présente ainsi comme une sorte particulière de « mécanisme social de la conduite », comme un moyen puissant de la régulation par signes de l’activité humaine. Ces idées, proches de celles que développèrent plus tard Henri Wallon et ses élèves, ont trouvé leur continuation dans les recherches de A. N. Leontiev, P. Ia. Galpérine consacrées au rôle du langage dans la formation des fonctions psychiques supérieures : l’interposition des signes et la transposition de l’action sous forme de discours sont pour cette école le facteur décisif de transformation de la conduite humaine.

    C’est ainsi que, durant ces deux dernières décennies, la pensée marxiste s’est éloignée des thèses rigides de N. Ia. Marr et de son école, qui donnaient un caractère absolu à l’idée du conditionnement social du langage et tendaient à sous-estimer le rôle des facteurs internes de développement du langage. Aujourd’hui on attaque plus volontiers le point de vue sociologique vulgaire selon lequel les systèmes de langage seraient un reflet-miroir de la société. La relative autonomie de l’ensemble linguistique à l’égard du conditionnement social est généralement reconnue par la présente génération de chercheurs, sans que toutefois soit jamais abandonnée la double thèse selon laquelle le langage est, d’une part, condition de socialité et, d’autre part, expression des caractères de cette socialité.

    Mais la marge de variation est plus grande que par le passé lorsqu’il s’agit de rendre compte de l’interférence des facteurs internes et externes dans l’évolution du langage. Entre la thèse de la dépendance mécanique du langage à l’égard de ses conditions socio-culturelles et la thèse, volontiers prêtée à la philosophie linguistique de type anglo-saxon, d’ériger la grammaire de notre langue en facteur absolu de détermination de la pensée, la recherche marxiste contemporaine se fraie une difficile voie médiane dans un style délibérément dialectique. La bataille porte aujourd’hui sur la nature de la signification : les uns entendent la signification comme reflet de l’objet, du phénomène ou de la relation de conscience qui entre dans la structure du signe en qualité d’aspect intérieur de celui-ci. D’autres l’entendent comme relation sociale entre les hommes se comprenant mutuellement dans la communication et agissant en commun (c’est le point de vue développé par le philosophe polonais Schaff) ; d’autres voient dans la corrélation du signe avec les phénomènes déterminés de la réalité et avec leurs reflets dans la conscience la possibilité d’utiliser le signe en qualité de substitut du phénomène correspondant. On trouve chez I. S. Narsky (« Les Problèmes philosophiques du langage », in Revue des sciences philosophiques, no 4, Moscou, 1968) l’exposé le plus complet de la théorie marxiste de la signification ; comme chez Saussure, le signe est l’unité dialectique de la signification et de la figure matérielle dans le cadre d’un système de signes ; mais la signification n’est pas pour autant une essence vivifiant de l’intérieur la matérialité du signe ; contre l’idéalisme husserlien, la signification n’est aucunement un objet idéal mais un moment du processus de connaissance ; elle se forme dans l’opération d’interpréter le signe ; cependant la signification ne se trouve pas non plus dans l’interprète du signe, ce qui serait revenir au pire des idéalismes, l’idéalisme subjectiviste ; elle ne peut exister en dehors de l’élément matériel du signe avec lequel elle constitue une unité.

    La prise en considération par les philosophes marxistes des problèmes de la sémiotique et la claire prise de conscience du caractère fructueux de l’approche sémiotique du langage, la suppression de certains préjugés à l’égard de la conception du langage considéré comme système de signes représentent un progrès considérable de la recherche marxiste sur le langage. Tout en refusant de ramener le savoir à une structure de signes et en défendant la théorie de base de la conscience reflet, les philosophes marxistes ne cessent néanmoins de souligner l’énorme rôle des signes dans la connaissance. Ce nouvel accent mis sur l’approche sémiotique s’accompagne d’un intérêt croissant pour les problèmes philosophiques et méthodologiques posés par l’introduction des méthodes exactes dans la recherche linguistique et par le développement de la linguistique structurale et mathématique. La mathématisation du savoir, considérée du point de vue de la philosophie marxiste, est indubitablement un progrès de la science. Quant à la linguistique structurale, selon la définition du linguiste soviétique S. K. Chaumian (« Les Idées philosophiques de V. I. Lénine et le développement de la linguistique contemporaine », Institut des études slaves, communication brève no 31, 1961), elle s’occupe de construire des codes abstraits pour servir de modèles formels aux langues naturelles ; à cet effet, elle ne se borne plus à la recherche immédiate des sons et des significations comme le faisait la linguistique traditionnelle, elle se porte à l’étude des structures et des relations dont ces sons et ces significations sont les substrats et les éléments.
    Le structuralisme philosophique

    On distinguera ici le structuralisme philosophique de la linguistique structurale dont les principes ont été exposés dans le cadre de la réflexion épistémologique sur la science linguistique. Certes, le structuralisme philosophique procède de cette réflexion, mais il y ajoute une thèse sur la réalité qui n’est plus une thèse de linguiste, mais de philosophe. On dira d’abord ce qui est d’origine linguistique, avant d’isoler le noyau proprement philosophique.

    De la linguistique structurale on retient les principes suivants :

    – La langue, au sens saussurien du terme, consiste en un système de différences sans termes absolus ; l’écart entre les phonèmes, entre les lexèmes, est la seule réalité de la langue qui est ainsi sans « substance », ni physique ni mentale.

    – Le code qui régit des systèmes empilés les uns sur les autres ne procède d’aucun sujet parlant ; il est plutôt l’inconscient catégoriel qui rend possible l’exercice de la parole par les locuteurs du langage.

    – Le signe, que Saussure tenait pour l’identité fondamentale du langage, est lui-même constitué par une différence entre un signifiant et un signifié ; cette différence est interne au signe et, pour cette raison, tombe à l’intérieur de l’univers du discours ; le signe ne requiert aucune relation « extérieure », telle que la relation signum-res que saint Augustin plaçait à la base de sa théorie du langage.

    Un système sans « termes », un système sans « sujet », un système sans « choses », telle est la langue pour le philosophe instruit par la linguistique structurale. Le structuralisme philosophique peut être présenté comme une théorie de la réalité dans laquelle le triple caractère de la langue est pris pour modèle.

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